_Exercice n°1 : Faire avancer et reculer le cheval face à lui_
En faisant venir et reculer mon cheval, j'équilibre chez lui l'envie de venir à moi et de s'éloigner. Je peux facilement éloigner mon cheval si je le veux, ce qui peut être très pratique pour ouvrir une porte ou le faire reculer en cas d'embûche au sol.
Laissez environ deux mètres de longe entre vous et le cheval, immobile face à vous à une distance approximative d'un mètre. Vous devez être en plein dans son champ de vision binoculaire et par ce fait « avoir les deux yeux ».
Si vous êtes en communication, ses deux oreilles doivent être vers vous. À cet instant, vous avez du « mou » dans le lien. Prenez-le à deux mains. Reculez doucement et commencez progressivement à fermer vos doigts. Si le cheval n'avance pas, le mou de la corde disparaîtra et le cheval sentira une tension sur son licol. Aussitôt que le cheval suit cette tension, ouvrez les mains et redonnez du mou à la longe.
En marchant vers lui comme un homme aveugle, vous pourrez aussi éloigner votre cheval en le faisant reculer.
N'oubliez pas de récompenser ses efforts par un moment de repos.
Lorsque vous aurez facilement l'aspiration et le reculer grâce à votre langage corporel, variez les distances et les enchaînements : avancer, reculer, immobilité... comme un « va-et-vient » entre avancer et reculer.
_Exercice n°2 : Mener son cheval derrière soi d'une façon légère_
Avec cet exercice, je peux mener mon cheval en licol avec légèreté et aisance, même au trot, ce qui me facilitera la vie pour le présenter en main lors d'une présentation publique ou d'un examen vétérinaire (par exemple). Je peux déplacer mon cheval sans force en conservant son attention, son respect et sa connexion. Je le prépare ainsi pour le chargement dans le van.
Posez le lien de communication sur votre bras en le passant entre votre coude et votre corps, puis passez-le dans votre main. Attention, ce n'est en aucun cas un tour autour de votre bras, ce qui serait extrêmement dangereux ! Laissez environ un mètre de mou dans le lien entre vous et votre cheval.
Vous êtes tous les deux immobiles . En partant de son épaule, montez votre énergie de telle manière que le cheval perçoive que quelque chose doit se passer. Aidez-le en lui donnant une direction en tendant votre bras qui tient le lien vers l'avant (sans la tendre pour autant), et en faisant un petit claquement de langue pour être encore plus clair sur l'indication que vous allez partir.
Mettez-vous à marcher. Si le cheval ne part pas avec vous, très vite le mou du lien de communication disparaîtra et le cheval ressentira une sensation de tension qui peut devenir désagréable. Mais dès qu'il se met en mouvement, relâchez votre bras pour supprimer immédiatement la tension et la sensation inconfortable.
Après quatre ou cinq tentatives, le cheval saura qu'il va se passer quelque chose avant que cela se passe. Bien que l'anticipation ne soit pas une bonne chose (le cheval récite sans chercher à comprendre ou à lire nos intentions), dans ce cas c'est extrêmement positif car votre cheval se mettra en mouvement à la moindre indication et bien avant que le mou de la longe devienne une tension. S'il vient à côté de vous, permettez-lui de le faire, mais ne lui permettez pas de vous dépasser. Obtenir une bonne réponse au pas avec un départ bien franc est suffisant pour le moment, mais vous pouvez également faire des changements de direction. Le cheval sera obligé de rester connecté et attentif à vous, sinon il trouvera le licol et son action.
Voilà pourquoi, les licols plats, qui sont de plus parfois agrémentés de peaux de moutons ou autre rembourrage, ne vont pas dans le sens de l'éducation du cheval. Pour trouver la bonne réponse, il doit sentir l'action du licol. Ces licols rembourrés ne sont donc pas des outils appropriés pour éduquer le cheval et obtenir ce résultat.
A éviter
- N'oubliez pas de prévenir le cheval en montant votre énergie.
- Ne surprenez pas le cheval. Le mou du lien doit aider le cheval avant qu'il subisse une tension.
- Ne regardez pas le cheval. Votre regard doit être dans la direction où vous voulez aller.
- Ne brûlez pas les étapes en utilisant un stick ou une chambrière. Vous ne feriez vraisemblablement qu'empirer votre problème.
- Ne tirez pas le cheval, mais rendez-lui la résistance inconfortable. Aucun homme ne peut tirer un cheval, mais un homme intelligent peut rendre un cheval léger !
Pour progresser
- Une fois arrêté, caressez souvent votre cheval. Rendez-vous agréable pour que votre cheval ait envie de rester avec vous. Cette volonté de rester avec vous vous aidera pour cet exercice et tout le reste.
- Il ne suffit pas de rendre les mauvaises réponses inconfortables, mais il faut aussi savoir rendre les bonnes confortables. Rester avec vous est une bonne réponse...
- Pour le cheval, il n'y a pas de début ou de fin à une leçon. Pour lui, tout est expérience et apprentissage. Il apprend en permanence dès que vous êtes avec lui. Souvenez-vous en toujours même lorsque vous le ramenez au box ou au paddock.
_Exercice n°3 : Mener, arrêter et reculer son cheval_
Lorsque je m'arrête, mon cheval s'arrête sans me dépasser ou me pousser. Si je recule, il recule. Il reste connecté et je conserve son respect même si nous partons au petit trot ou s'il a peur de quelque chose derrière lui.
Cet exercice est plus facile à demander le long d'une barrière car elle canalisera le cheval et donc limitera ses possibilités de fuite. Menez votre cheval en le gardant à sa place derrière vous, et arrêtez-vous. Ne faites pas un arrêt surprise. Soyez progressif en retirant toute énergie dans votre corps pour avoir un langage corporel facile à lire.
S'il envahit votre espace personnel, rendez-lui cette situation inconfortable en mettant du rythme dans votre corps, vos bras, voire votre stick ou votre lien, et faites-le reculer.
Si votre cheval va jusqu'à vous, dépassez sa croupe. Vous pouvez même aller jusqu'à mettre une claque sur celle-ci, mais faites bien attention dans ce cas à garder une position de sécurité, puis remettez-le derrière vous.
Ne l'empêchez pas de vous dépasser. C'est en commettant cette erreur qu'il finira par décider seul de ne plus le faire. Imprégnez-vous du concept fondamental : « mon idée et l'idée du cheval deviennent la même idée » en le rendant inconfortable s'il vous dépasse, et confortable (repos, caresses ou grattouilles) lorsqu'il se connecte avec vous, pour conforter son choix. Il choisira très vite de se connecter à vos déplacements et de rester derrière ou à côté de vous lorsque vous vous arrêtez.
Lorsque vous avez l'impression que le cheval a compris et qu'il décide de lui-même de rester à sa place et de s'arrêter lorsque vous vous arrêtez, reculez d'un pas et prenez le temps de faire comprendre à votre cheval qu'il doit faire de même. Pour cela, utilisez du rythme, des mouvements de longe, le stick devant le cheval ou sur son poitrail, et même vous retournez-vous même face à lui en marchant droit sur lui pour l'aider à comprendre. Dès qu'il recule, donnez du confort en cessant d'agir et de bouger. Caressez-le au niveau de l'épaule.
Si votre cheval reste connecté et recule comme vous d'un pas, sans sollicitation autre que votre pas en arrière, vous pouvez progresser et demander plusieurs pas.
A éviter
- Ne vous arrêtez pas brutalement sans prévenir votre cheval avec votre langage corporel.
- Ne rendez pas le cheval confus, craintif et même effrayé d'être avec vous.
- N'empêchez pas le cheval de faire l'erreur, vous ne lui permettrez pas d'apprendre à réfléchir.
- Ne laissez pas le cheval vous doubler sans avoir le contrôle des postérieurs car vous risqueriez de prendre un coup de pied.
- Ne demandez pas au cheval de reculer systématiquement. Demandez-le lui parfois, mais pas tout le temps.
- Ne soyez pas trop critique dans un premier temps si votre cheval ne recule pas parfaitement droit. Cherchez seulement un puis deux ou trois pas en arrière.